Prospective politique française en 2012
Dossier publié le 22/03/2010
Elections régionales en France et ses enseignements.
De la retrospective politique française depuis 2007 à la prospective pour 2012
Contrairement au 1er tour où la droite UMP et ses alliés ne voulaient pas reconnaître leur défaite au niveau national, prétextant d’une part le fort taux d’abstention et d’autre part un enjeu simplement régional, force est de constater qu’au 2ème tour, non seulement qu’ils reconnaissent leur défaite, mais aussi la gauche dans son ensemble a gagné et amplifié sa victoire du 1er tour avec un score de plus de 54%.
C’est presque historique ce rapport de force en faveur de la gauche depuis plus de 20 ans.
Avant de titrer des enseignements de ce tsunami politique, afin d’élaborer des scénarios en vue de l’élection présidentielle de 2012 pour les leaders politiques français, essayons un peu de faire une brève rétrospective de la situation politique française depuis 2007 : au moment de l’élection présidentielle.
Rétrospective de la France politique depuis 2007
Nicolas Sarkozy, notre président qui depuis, des années (20 ans) rêvait d’être président, va, bénéficiant des circonstances exceptionnellement favorables (condamnation d’Alain Jupé, discrédit de Dominique de Villepin (Affaire Cléarstream), la maladie de Chirac et son âge, faiblesse de la gauche), être élu président de la République française.
Toute une batterie de promesses est lancée.
Travailler plus, pour gagner plus,
Plein emploi à l’horizon 2012,
Lutter contre l’immigration irrégulière et la chasse aux sans papiers,
Donner du pouvoir d’achat aux français,
Aller chercher la croissance avec des dents;
Faire la rupture de la politique française en Afrique : en finir avec la Françafrique……
On pourra continuer ainsi d’énumérer toutes ces promesses.
La France de droite s’enthousiasme.
Plus d’un mois à peine élu, sans connaître déjà la défaite, quelques erreurs de communication et de stratégie, sont commises, notamment avec l’affaire de la TVA sociale, le bling bling, les yatchs, Le Fouket’s… empêchent la droite d’avoir une très large majorité à l’assemblée nationale, lors des élections législatives qui vont suivre l’élection de Mr le Président.
Certains ténors comme Alain Jupé sont d’ailleurs battus dans leur circonscription. Ce dernier est obligé de quitter le gouvernement Fillon I en abandonnant son super Ministère de l’écologie.
En 2008, lors des élections municipales, contrairement à ses attentes, la majorité présidentielle ne réalise pas les scores espérés, notamment sa capacité à gagner les trois grandes villes qui sont à gauche : Paris, Lyon et Lille. Dans cette dernière ville, alors que Martine Aubry est battue, pendant les législatives, elle réussit quand même à la garder.
Malgré quelques signes de mécontentements de la population, les critiques de l’opposition notamment sur le bouclier fiscal, les grèves dans les lycées, dans l’éducation nationale, les transports (sncf)… et surtout l’imminence de la crise financière qui va venir des USA, le pouvoir reste autiste. Planqué dans ses certitudes, notamment à refuser de voir venir la crise (la crise restera aux USA s’amusait à pronostiquer un leader de l’UMP en début 2008), il s’entête à enchaîner réforme sur réforme alors que chaque jour un peu plus les français s’enfoncent dans les abîmes.
Alors que les banques et les entreprises américaines sous le fait de la crise sont en train de tomber les unes après les autres, après septembre 2008, L’Europe sous la présidence française arrive à sauver son système financier et bancaire en garantissant aux banques centrales européennes et au système financier et bancaire dans son ensemble la caution des Etats.
Le président se croit imperturbable, malgré la situation sociale qui se dégrade chaque jour un peu plus pour les classes moyennes et les classes populaires : celles là même qui avaient fait la différence à l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 contre Ségolène Royal.
Malgré, ce climat social lourd, il a encore la confiance d’une partie de la population.
Puisque l’opposition PS, affaiblie par le débauchage de certains de ses éléments assez ou moyennement compétents sous couverture de l’ouverture, et de ses divisions internes et fratricides (voir congrès de Reims), Monsieur le Président et sa majorité contre toute attente, gagnent les élections européennes de juin 2009 avec quand même un fort taux d’abstention.
Ce résultat inattendu lui donne l’illusion d’une adhésion encore massive, croient –ils (le président et sa majorité) du peuple à sa politique et à ses réformes. Lesquelles réformes ne sont pas justes, pas toujours justifiées, ni même en rapport avec ses engagements de compagne.
C’est l’exemple de la réforme de l’audiovisuel, où le la liberté de la presse via la télévision d’état est bafouée, la réforme des hôpitaux, les suppressions massives des postes dans l’éducation nationale.
De fait des services publics indispensables pour la cohésion sociale sont vraiment malmenés.
Alors que le divorce est déjà réel entre lui et une grande partie de l’opinion (depuis plus d’un an, il tourne à 38/42% des bonnes intentions dans plusieurs sondages qu’il fait commander depuis l’Elysée), y compris au sein de son électorat, surtout quand il poursuit sa politique d’ouverture, le Président commet l’irréparable avec l’affaire Jean Sarkozy. C’est la goutte d’eau de trop qui va déborder le vase et mettre le pays en émoi.
Voila un Président qui encore candidat, inventait les mérites de la méritocratie, de la récompense par le travail, pour son fils, oublie complètement ses valeurs qui faisaient le socle de son discours en voulant imposer à l’EPAD (établissement public d’aménagement de la défense) son fils, brillant soit-il. En Chine et au Japon, en Europe l’affaire fait la Une des grands journaux et quotidiens.
Au même moment, alors que la banlieue, les quartiers difficiles qui étaientt au centre de son discours de campagne dans le cadre de l’égalité des chances, sont abandonnés malgré la plan banlieue concocté avec le services de Fadéla Amara son Secrétaire d’Etat.
L’erreur est certes corrigée avec le renoncement à l’Epad de son fils, mais laisse des dégâts immenses dans l’opinion, alors que nous sommes au firmament du chaos social, dans le pays : des patrons séquestrés, des licenciements à la chaîne, des agriculteurs et des salariés de France Télécom qui se suicident en silence et en masse….
Pendant ce temps, les banques qui ont retrouvé leur santé financière commencent à nouveau à spéculer, en diminuant le crédit aux entreprises et aux ménages, malgré le plan de relance.
Naïvement, alors que la souffrance est réelle dans le pays, la crise économique et sociale est là, pour essayer de récupérer les voix du front national acquis en 2007, et qui ont déjà quitté l’UMP et son chef, Mr le Président, qui d’ailleurs aux yeux des français paraît plus un président partisan que rassembleur, avec la complicité de Mr Besson, vont lancer un pavé dans la marre.
C’est le fameux débat sur l’identité nationale, en espérant rééditer l’exploit de 2007 : tromper l’électorat du Front national en lui faisant des appels du pied avec ce discours nauséabond.
Les passions se déchaînent, les mises en gardes sont faites à l’intérieur de la majorité, pour arrêter le débat.
Juppé Alain qui pense déjà à une éventuelle candidature en 2012, s’oppose à cette machine qui divise le pays et abîme son image. En tous cas, pour le Président et la majorité, la fin justifie les moyens. Ne sont-ils pas arrivés ainsi en 2007 ?
Comme si la coupe n’était pas déjà vraiment pleine de bourdes à, répétition, le Président, déjà mal en point avec l’affaire Jean Sarko et le débat sur l’identité nationale, manque une occasion unique de redevenir le président que les français rêvent qu’il soit : un président rassembleur, mature, arbitre, juste et non revanchard ou primaire.
C’est la relaxe de Dominique de Villepin dans l’affaire Cléarstream.
Avec l’appel introduit par le parquet, le Président une nouvelle fois met à dos, une partie de ses propres amis politiques, alors que ces derniers pro chiraquien Mr Barouin et Villipiniste de la première heure comme Mr Bariton, croient enfin que l’heure de l’apaisement et de la réconciliation avec Dominique l’ancien vrai faux ami est arrivée.
Décidément on chasse le naturel, il revient au galop.
Ce Mr, a-t-il les étoffes pour incarner le rôle d’un président de la république française ?
Comment voulez vous qu’après temps d’erreurs monumentales, de la part d’un Homme politique que l’on disait si brillant, qu’il puisse, à l’occasion d’un échec à l’élection à mi mandat recouvrer la confiance de ses concitoyens ?
La crise financière venue des USA, explique-t-elle tout ce gâchis, alors que le président avait été confortablement élu (53% contre 47%) ?
Comment a-t-il fait pour ne pas voir arriver ce tsunami politique ?
Dans sa bulle élyséenne est-il devenu si loin des français, malgré ses descentes sur le terrain ?
Peut-il à nouveau rebondir après un tel désaveu, malgré, les discours de ses supporters qui disent qu’il ne s’agit que d’une élection régionale et que tous les gouvernements et présidents dans son cas ont connu cette situation ?
Comparaison n’est pas raison.
A-t-il à nouveau les moyens politiques et économiques pour rebondir alors que le pays endetté jusqu’au cou, doit s’il veut retrouver ses marges de manœuvre, commencer sérieusement à se désendetter, en menant une politique d’austérité économique ?
Dans le cas où Le Président Sarkozy ne rebondissait pas quel est l’homme de la situation à droite : Copé, Bertrand, Fillon, Villepin ou Juppé ?
Et la gauche victorieuse, comment fera-t-elle pour faire de sa victoire un puissant levier pour une victoire en 2012 ?
A-t-elle finit avec les vieux démons : ses divisions qui l’ont discrédit ?
Et le Ps, saura-t-il organiser ses primaires justes et admises par tous et toutes, en vue de l’élection présidentielle sans trop laisser de dégâts après, comme en 2007 ?
Les écologistes sous la bannière d’Europe écologie seront ils capables de se muer en grand parti de gouvernement et de muter politiquement pour rester cette troisième force politique qu’ils espèrent maintenant occuper dans la durée et, à terme dépasser le PS ?
Le Front national revenu sur le devant la scène
avec ses 17%
ans les 12 régions qu’il a pu se maintenir au 2è tour des régionales, est-il à craindre pour un 22 avril 2012 à l’envers, si jamais, la droite déboussolée par la présidence Sarko et incapable de résoudre les problèmes des français se divise à l’élection de 2012 ?
Enfin François Bayrou, malgré les défections de ses partisans à chaque élection, la dernière en date est celle de Corinne Lepage députée européenne sous l’étiquette Modem, pourra t-il garder encore des ressources politique (Modem), psychologique (motivation) et financières suffisantes pour aller encore à l’assaut de l’Elysée en 2012 ?
Autant de questions qui vont nourrir l’actualité politique entre les élections régionales et les présidentielles de 2012.
Pour y répondre nous allons faire un peu de prospective politique en imaginant un certain nombre de scénarios.
II : Prospective pour la France politique jusqu’à 2012.
La Prospective politique à droite jusqu’en 2012
L’ambiance générale de la politique en France jusqu’en 2012, dépendra de la réponse de Nicolas Sarkozy et du gouvernement après leur déroute électorale aux régionales.
--- Nicolas Sarkozy, maintient le cap des réformes et procède à un remaniement technique de son gouvernement.
Dans cette hypothèse, avec la crise économique qui s’aggrave, il prend le risque de devenir encore plus impopulaire et donc moins soutenu y compris dans son camp. Ici son autorité est mise à mal, des prétendants comme Dominique de Villepin, Juppé et Fillon s’organisent de manière plus ou moins ouvertement. C’est la course à la succession de Nicolas Sarkozy qui est lancée.
En 2011, la droite perd les élections cantonales et la majorité au Sénat. C’est un vrai séisme politique après les régionales. Des candidatures de certaines personnalités, qui étaient encore officieuses, sont officialisées, notamment celle de Dominique de Villepin qui, est blanchi en appel dans l’affaire cléarstream. Mais Fillon ne tardera pas à lancer la sienne quand Nicolas, au dernier trimestre 2011, déclare qu’il ne se représentera pas à l’élection présidentielle de 2012, malgré les pressions de ses plus proches collaborateurs (Hortefeux, Xavier Bertrand, Claude Guéant, Darcos, Luc Chatel…)
--- Nicolas Zarkozy décide de tenir compte des résultats des législatives, en fléchissant sa politique en y injectant une dose sociale avec :
une réforme concertée des régimes des retraites avec les partenaires sociaux sans passer par la loi au parlement ;
une suspension des suppressions massives des emplois dans la fonction publique d’Etat ;
une aide en terme de redistributions financières aux chômeurs en fin de droits ;
une politique de hausse modérée des impôts expliquée au pays et admise par l’opposition pour financer cet effort de solidarité exceptionnelle en faveur des plus démunis pendant cette phase critique que traverse le pays ;
Une réforme concertée et expliquée des collectivités locales avec la fusion des régions et des départements.
En fin d’année 2011, avec les premiers efforts de cet aspect social de sa politique, la croissance est au rendez vous sans forcement aller vers les 3% pour pouvoir créer massivement de l’emploi.
Il reprend la main et annonce à la rentrée de septembre 2011 qu’il est candidat à sa propre succession, alors qu’à gauche les choses ne se passent pas bien.
Les premières décision annoncées après la débacle des régionales convergent plus tôt vers la deuxième hypothèse avec le changement de Darcos ancien Ministre du travail remplacé par Eric Woerth lui ancien Ministre du Budget, lequel est remplacé à son poste Par Monsieur Baroin, vrai produit de la Chiraquie.
Prospective politique à gauche jusqu’en 2102
Que doit d’abord faire la gauche de son succès aux régionales pour en faire un tremplin pour 2012 ?
Les choses ne sont pas si simples que l’on veut bien croire et pour la gauche dans son ensemble et pour le parti socialiste.
D’abord la gauche, pour ne pas perdre à nouveau en 2012, doit être consciente que pour gagner l’élection qui se profile à l’horizon, l’Union est plus que nécessaire.
L’union pour quoi faire ensemble en 2012 ?
D’abord pour le PS.
Ici, redevenu le premier parti de France et surtout le centre autour duquel doit se graviter toute l’union de la Gauche, le PS, doit s’atteler à élaborer une plateforme programmatique en phase avec les aspirations du peuple de gauche en mettant au cœur de cette plate forme les priorités comme :
l’emploi des jeunes et des seniors ;
l’égalité et la juste répartition des richesses ;
la défense des services publics ;
Dans la recherche et les universités, accorder des crédits importants à la recherche pour des politiques industrielles alternatives avec l’économie verte, pour aller vers un nouveau model économique, social et environnemental. Ici, un véritable pacte doit être signé avec Europe Ecologie
Concevoir des politiques publiques européennes avec le programme des grands travaux européens ;
Planifier sur toute une législature, une politique volontariste sur les quartiers et les banlieues en promettant d’y investir massivement dans l’éducation et les services publics pour lutter contre la délinquance, la misère et la ségrégation sociale, ethnique, culturelle et économique
Prévoir une politique audacieuse avec les pays en développement d’Afrique pourvoyeur de travailleurs sans papiers, pour lutter contre la corruption et le mal développement
Programmer une politique juste contre l’immigration clandestine…
Après l’élaboration de cette plateforme programmatique, la suite des évènements dépendra de l’attitude des responsables politiques du PS à mettre leurs ambitions personnelles au placard pour jouer collectif.
Ici, les choses ne sont pas acquises.
Ségolène Royal, l’ex candidate aux élections présidentielles de 2007, auréolée de sa nouvelle démonstration de force dans le Poitou aux régionales (plus de 60% de voix), et assoiffée de revanche, tant vis-à-vis de Sarkozy, dans l’hypothèse où ce dernier se représente en 2012, que vis-à-vis de Martine Aubry dont l’élection douteuse à la tête d PS est vécue à tort ou à raison, par Ségolène comme sa victoire volée, est décidée à nouveau à partir à l’assaut de l’Elysée.
Ici, aux moins deux hypothèses sont tout à fait envisageables.
----Les règles des primaires pour désigner la candidate ou le candidat PS à l’élection de 2012, sont assez claires, transparentes, pour tous les candidats, Ségolène décide de jouer le jeu des primaires.
----Les règles des primaires aux yeux de Ségolène Royal ne sont pas suffisamment claires et transparentes, ou prétextant qu’elles ne le sont pas, pour éviter de se faire piéger comme elle l’ é été pour l’élection au poste de premier secrétaire du PS, elle décide de déclarer sa candidature en dehors du PS et transforme son association désire d’avenir en un parti politique.
En procédant ainsi, elle espère récupérer les voix des déçus de Mr Bayrou qui continuera sa descente aux enfers à moins d’un dernier baroud d’honneur dont ce Mr a souvent seul le secret.
Elle peut aussi compter sur les voix des classes populaires des quartiers auprès desquelles elle reste populaire. Quartiers qui l’ont votée massivement en 2007. Donc un espace politique assez large : du centre gauche au moins, jusqu’à l’extrême gauche.
C’est le scénario le plus suicidaire de la gauche, car, malgré son isolement Madame Royal, garde encore de l’influence auprès de la base qui l’a soutenu et aux présidentielles de 2007 et au congrès de Reims de 2009.
C’est donc à Marine Aubry et à l’équipe PS de respecter cette personnalité et inventer les règles du jeu des primaires qui ne soient pas contestables par tous et par toutes au sein du Ps, de ses militants, voir de toute la gauche, pour éviter à ce scénario de se réaliser.
Une fois l’équation Royal circonscrite ou en phase de l’être se pose ensuite celle du Parti socialiste avec Europe écologie.
Là encore les choses ne sont pas simples car au sein même de ce mouvement aux moins deux philosophie s’affrontent.
Celle qui, menée par Dany Cohn Bédit souhaite la structuration du parti des verts autour d’Europe écologie, avec une alliance dès le premier tour des présidentielles avec le PS pour qu’en contrepartie exiger des circonscriptions gagnables (une cinquantaine environ) au PS et ainsi rentrer à l’assemblée nationale avec un groupe parlementaire, source d’argent et de notoriété.
Une deuxième thèse soutenue par les anciens verts qui prônent un programme de gouvernement, mais une alliance seulement au 2ème tour de la présidentielle de 2012.
Du triomphe de l’une ou l’autre philosophie, découlera la stratégie du PS et pour les primaires de 2012 ouvertes ou nom à toute la gauche, le plus tôt ou non, et pour l’accord de gouvernement après le succès souhaité en 2012.
Dans l’hypothèse où les anciens verts sous la bannière désormais d’Europe écologie décident de se priver d’un candidat à l’élection présidentielle au 1er tour, il y a un risque de candidature pirate se présentant sous une forme ou sous une autre, montée par la droite.
Cette dernière espère au deuxième tour récupèrer quelques voix des écolos puisque ces derniers ne se seraient pas présents au 1er
Ainsi elle pourra assécher les réserves de voix écolo qui se seraient portées au candidat PS au second tour, pour éventuellement fusionner avec la liste officielle de l’UMP au second tour au cas où il ne serait pas éliminé.
On voit bien que les jeux sont loin d’être faits à gauche comme à droite. Et celui des deux camps qui dégaine en premier n’est pas forcement celui qui gagnera la bataille finale. Toutes ces hésitations et à droite où Monsieur le président sortant se prononcera le plus tard possible sur sa candidature éventuelle et à gauche où le calendrier des primaires n’est pas encore clairement indiqué montrent à quel point, de fait, les deux camps se surveillent.
La chance de chaque camp de gager cette élection majeure dépend en grande partie de la qualité du candidat en face et de sa capacité à entraîner dans son camp. Ici, Sarkozy à droite, Ségolène à gauche, paraissent avoir un léger avantage respectif sur les adversaires potentiels dans chacun de leur camp, même si à gauche Martine Aubry après des débuts calamiteuses pour asseoir son autorité au sein du Ps est en train de devenir une leader.
gauche Martine Aubry après des debuts calamiteux à a tête du Ps est en train d'épouser les habits d'une vraie leader.
Qu’en est du front National pour terminer cette prospective ?
Il y a deux ans personne n’envisageait l’hypothèse d’un tel retour en faveur du front national, surtout pas à l’UMP où le président avait fait son bassin pour aller y piocher des voix afin de combler le déficit des alliés crédibles qui manquaient à sa droite, puisqu’à droite le nouveau centre et les petits partis satellites chasse pêche, MPF de De Villiers… ont été tous plus ou moins aspirés par l’UMP.
Aujourd’hui le FN est de retour. Qu’en sera-t-il d’ici 2012 ?
La situation politique du FN d’ici 2012, dépend de la capacité de la droite au pouvoir, maintenant à répondre aux vraies préoccupations des classes populaires qui prennent la crise en pleine figure, de la gauche après sa victoire à présenter un vrai projet alternatif au pays, avec des politiques orientées vraiment à gauche. Si aucune de ces hypothèse n’est remplie, le FN sous la direction de Marine Le Pen, plus habile et stratège que son père, pourra causer la surprise en 2012.
Ici, le pays continuerait à connaître des difficultés sociales incomparables avec la situation ces 30 dernières années, les français s’appauvrissent, les tensions sociales sont à leur firmament, la droite et la gauche se présentent hyper divisées à l’élection présidentielle, et c’est le 22 avril à l’envers.
Ici, le candidat de la droite qui n’est pas Sarkozy est éliminé au premier tour de l’élection présidentielle, comme le sera probablement Mr Bayrou qui à nouveau est candidat en 2012.
Le candidat de la gauche qui aujourd’hui n’est pas forcement Martine Aubry, Ségolène, voir même Dominique Strauss Khan est élu avec les voix de la droite au second tour.
Et là commence une législature des plus difficiles que n’est jamais connue le pays, parce qu’il faut tout réparer, alléger les déficits, apaiser les tensions sociales, adopter un plan d’urgence pour l’emploi et les services publics……
Conclusion
La victoire de la gauche aux régionales, loin d’être une extraordinaire opportunité pour redonner espoir au peuple français est le début d’un véritable chemin de croix et pour elle et pour le pays. Car la crise économique mondiale, la mondialisation, la dette publique, le chômage de masse sont autant des défis qui attendent la nouvelle équipe qui prendra les reines du pays en 2012
Il faudra pour arriver à la paix sociale et civile dans ce pays, inventer une nouvelle gouvernance où le peuple à tous les échelons du pouvoir sera acteur décisif des décisions qui seront prises pour lui.
En tous cas que du travail pour les années qui viennent, que de sacrifice, pour la France, ses politiques et son peuple.
Encore que d’ici 2012, les choses peuvent radicalement changer et que toutes ces hypothèses ne soient pas réalisées.
Bonne lecture et bonne visite
Michel Okemba-Ongouya
Administrateur du site
Analyste politique
Manager Consultant du cabinet Etika Consulting
Crise grèque et ses sonséquences sur l'Europe
Doosier publié le 19/05/2010
Crise financière grecque, opportunité europénne ou début de son déclassement ou déclin annoncé ?
L'Europe-est-elle au tournant de son Histoire ?
Avant de répondre à cette double interrogation, quelques rappels de quelques concepts économiques de base s’imposent, notamment entre l’endettement d’un état et sa monnaie.
-----L’endettement d’un Etat, est l’ensemble du service de la dette de cet état : l’emprunt ou capital emprunté initialement + les intérêts.
En soi, dans une économie capitaliste l’endettement n’est pas un handicap pour l’emprunteur.
Il peut être un formidable levier financier pour financer les investissements productifs qui génèrent de la valeur, donc de la richesse, pour l'agent économique qui ne dispose pas du cash ou de l'épargne pour autofinancer ses investissements producitifs.
Il devient un boulet ou un goulet d’étranglement d’une économie que quand il a une finalité de rembourser d’autres emprunts ou de financer les dépenses de fonctionnement, comme dans quelques pays du tiers monde.
Avec cette spirale, une économie donnée peut se retrouver dans une espèce de cercle infernal insurmontable pouvant l’entraîner à une pure faillite économique : l’ensemble de son actif disponible ne pouvant plus faire face au passif exigible immédiatement.
C’est quasiment le cas de la Grece avant l’intervention de ses partenaires européens
Sans revenir sur les causes de cette endettement, toutes les études s’accordent pour démontrer que pour essayer de remplir les fameux critères de convergences de Maastricht ( le déficit budgétaire ne devant pas dépasser 3% du PIB, le taux d’endettement du pays ne devant pas dépasser 60% du PIB), les autorités grecques ont trafiqué leurs comptes publics.
Avec la crise des subprimes venue des EUA, tous les pays de la zone Euro, n’ont plus respecté ces critères. Cela devenait impossible.
Les pays devant chacun essayer de prendre des mesures conjoncturelles de crise pour sauver les systèmes bancaire et financier européens menacés. Mesures alourdissant ainsi les finances de ces pays déjà en état de quasi faillite, bien avant la crise.
Cette crise n’étant que le fait révélateur des économies européennes de moins en moins compétitives (monnaie surévaluée, main d'oeuvre trop chère, produits et services chers,reglementation rigide, normes sociales et environnementales pénalisantes, endettement des etats, des formation inadaptée ...) , vis-à-vis du reste du monde, notamment les USA, les pays émergents d’Asie, le Brésil et l’Inde.
A ce propos vous pouvez relire notre article publié sur ce site le 12/10/2009, «le marché internationale des monnaies, un marché de dupe ».
Dans cet article, nous soulignions, le caractère surévalué de la monnaie européenne (l’Euro), vis-à-vis d’autres grandes monnaies internationales, comme le dollar américain, le yuan chinois, le Won coréen et le yen japonais, les conséquences économiques de cette situation sur la zone euro d’ une part et la disparité de situation économique entre le pays de la zone euro d’autre part.
----La monnaie d'un pays est un instrument d'echange, un étalon qui permet de mesurer la valeur des choses entre les pays, dans une économie capitaliste. Dans le système des taux de change flottants, comme c'est le cas aujourd'hui, elle permet à certains états sans scrupule comme la Chine ou la Corée du Sud d'en faire une véritable arme dans la guerre économique que se livrent les économies mondiales hautement concurrencielles.
Aujourd’hui la crise Grecque, qui en réalité pose le problème de l’endettement colossal des pays européens et non celui de la monnaie européenne (Euro) même si il y a une certaine corrélation entre les deux phénomènes est une opportunité historique pour l’Union de réfléchir sur les stratégies de construction d’une véritable gouvernance politique et économique de cet espace. Il y va de la survie économique de ces états, afin de ne pas connaître le déclassement annoncé, vis-à-vis des pays émergents aux longues dents et aux ambitions affichées.
Pour se faire, un certain nombre de conditions doivent être réunies.
----Définir clairement la nature politique de la future entité politique : fédération ou une Union avec de réels pouvoirs politiques supranationaux confiés au parlement européen ou alors, réfléchir sur l’opportunité de construire des niveaux d’intégration européenne par paliers ou cercles concentriques, en tenant compte des niveaux de développement économique des états et de la capacité des échanges entre ces cercles.
---- Imaginer une véritable gouvernance économique en renforçant les pouvoirs de la commission européenne avec un véritable gouvernement européen, pour amorcer des politiques macroéconomiques et budgétaires concertées, ainsi éviter le dumping social, fiscal et financier entre les états membres.
----- Dégager des pôles de compétitivités européennes, en terme de recherche et d’innovation ou des spécialités européennes, en terme d’activités, dans chaque état membre en fonction de ce qu’ils savent faire, de leur histoire et culture...
------ Revoir les règles du marché à l’intérieur de l’espace européen, pour éviter une concurrence sauvage entre les acteurs économiques majeurs au sein des états membres, tout en évitant la construction des monopoles ou des oligopoles.
Ici, alors que l’esprit de l’Europe, à l’origine, conçu comme un espace de concurrence entre les états membres, devrait progressivement être compris comme un espace de complémentarité et de solidarité entre les états, tout en restant ouvert aux autres économies du monde.
Pour finir, le problème de l’Euroland voir même de l’Europe des 27, n’est pas leur monnaie. Bien au contraire, la baisse de l’Euro, jusqu'à un certain niveau, permet à certains pays comme la France de desserrer les contraintes de son commerce extérieur grâce la dépréciation de l’Euro. Ainsi résoudre en partie le problème de la compétitivité de son économie liée à la qualité et aux prix des produits à l’exportation. Lesquels produits, avec cette dépréciation deviennent moins chers, tandis que ceux des produits importés se renchérissent. La conséquence est l’amélioration de la balance commerciale, et donc des entrées d’argent et pour les entreprises et pour l’Etat (taxes et impôts). Ceci est réellement vrai pour la France, mais pas forcement pour l'Allemagne où l'Euro faible n'arrange pas forcement ses affaires.
C'est d'ailleurs tout le problème entre ces pays têtes de pont de l'Europe qui hélas sur ce point n'ont pas d'objectifs compatibles.
Le problème de l’Europe c’est, aussi et encore l’endettement des pays qui limitent complètement leur marge de manœuvre et affaiblissement les états qui subissent les attaques des spéculateurs comme la Grèce.
Leur problème, c’est enfin leur hésitation à franchir des étapes décisives pour encore plus d’intégration : leur frilosité à céder leur souveraineté aux instances européennes, pour répondre aux défis imposés par des économies concurrentes grandissantes, venues d’Asie, de l’Inde, la Russie, et même de l’Amérique Latine, qui ont de plus en plus de visées hégémoniques dans le monde.
Anticiper cela, c’est se préparer contre le déclassement ou le déclin annoncé, de la vielle Europe.
C'est ce choix qui doit s'opérer sinon le déclin annoncé de l'Europe par beaucoups d'experts se réalisera.
En attendant que vous réagissiez à cet article nous nous souhaitons bonne visite et à très bientôt pour d'autres articles encore plus vrais.
MichelOkemba-Ongouya
Administrateur du Site.
Gérant du Cabinet Etika Consulting
Cabinet qui Booste et révèle vos Talents.
Afrique 50 ans d'indépendance ?
Dossier publié le 07/06/2010
L’Afrique Noire francophone 50 ans d’indépendance quel Bilan : du déni du développement au déni de démocratie. Mais quelles perspectives ?
En publiant cet article qui fait le point de manière objective et indépendance de 50 années d’indépendance pour la majorité des pays d’Afrique Noire, sous protectorat français, ce que l’on appelle les pays francophones, du sud du Sahara de l’Afrique : ancienne Afrique équatoriale française et ancienne Afrique occidentale française, nous mettons l’accent sur les indicateurs économiques, même si ceux-ci s’interfèrent avec d’autres comme la démocratie, les droits de l’homme, la liberté de la presse, pour apprécier ce que l’on peut appeler le développement ou son processus.
Sous un article tout ne peut pas être abordé. Il faudra un livre des pages et des pages.
Nous abordons les éléments essentiels de manière synthétique et condensée. Pour plus de détails, il y a quantité de publications sur les indépendances des pays de l’étude.
Après avoir, dans un premier temps, fait l’état des lieux, nous passons en revu quelques indicateurs clef du développement économique de ces pays, publié par la banque mondiale en 2010, en les comparant avec d’autres zones géographiques du monde, notamment l’Afrique anglophone, l’Afrique du Nord, les pays d’Asie du sud Est, et quelques pays d’Amérique Latine, pour terminer sur l’analyse des causes des échecs et des réussites de 50 ans d’indépendance avant de présenter quelques perspectives.
Nous ne pouvons pas comparer les pays étudiés avec ceux du moyen orient ou de l’Europe, parce que trop dissemblables économiquement.
Enfin les données, lorsqu’elles sont disponibles, ce qui n’est pas toujours le cas, ne sont pas toujours fiables. Soit qu’elles sont assez vielles soit, mal recueillies. Mais nous avons utilisé celles qui sont à notre disposition, notamment celles produites par la Banque mondiale : http://donnees.banquemondiale.org/
I : Etats des lieux au début des indépendances.
Ici, beaucoup de publications existent sur les premières années de vie des économies africaines après les indépendances. On peut citer l’étude du professeur Marc Penouil : économie africaine bilan et perspectives, publiée en 1972.
L’étude n’avait pas beaucoup de matières à exploiter pour parler avec beaucoup de pertinence et de recul, de la situation de ces pays à ce moment là. Elle a lieu 12 ans seulement après leur indépendance.
Mais elle nous fournit déjà la matière pour faire plus de 40 ans après, avec celle publiée par la banque mondiale et d’autres organisations internationales, du matériau pour pouvoir parler du bilan de 50 ans d’indépendance.
A : Une forte proportion du secteur Primaire dans ces économies.
En 1960, ce sont des économies traditionnelles peu diversifiées, où le secteur agricole sans être très élaboré, domine l’économie des principaux pays, à l’image du Cameroun et de la Côte d’ivoire qui travaillent pour la consommation locale tout au moins au début des années 1960/1970.
La majorité des pays importe la plus part de leurs denrées alimentaires de base, même si dans ces années ils exportent via quelques organismes étatiques quelques productions agricoles comme le café et le cacao.
L’industrie, si elle existe elle est principalement extractive : celle qui extrait les ressources minières et pétrolières et les envoie via les multinationales étrangères dans l’ancienne métropole qui est la France.
Il n’y a pas de véritable industrie de transformation. De fait ils héritent de l’organisation économique construite par la maison mère (la France). Cette organisation consiste à extraire des ressources (matières premières, produits agricoles…), de ces pays, pour les envoyer en métropole.
Les secteurs des services et du commerce sont très marginaux occupant entre 10 et 20% selon les pays et sont occupés par des étrangers qui sont présents dans quelques entreprises commerciales exportatrices.
L’appareil politico administratif sans être au point existe pour coordonner et organiser ces espaces économiques désormais sous « leur contrôle », même si la réalité s’avère plus compliquée avec l’ingérence de l’ancienne puissance dans la conduite des politiques publiques, dans la diplomatie et dans les relations internationales.
Le secteur privé dans certains pays est très minoritaire ou du moins détenu par les capitaux étrangers. C’est le cas Congo Brazzaville avec son socialisme scientifique issue de sa révolution du 13/14/15 août 1963. Ailleurs, comme au Cameroun ou en Côte d’ivoire, le secteur privé national est important avec l’existence déjà d’une certaine classe moyenne nationale.
B : Des Etats corrompus, incompétents et naïfs.
Des études sont faites et des outils statistiques, législatifs, réglementaires conçus avant les indépendances existent, qui après adaptations selon les situations de chaque pays, peuvent servir pour réfléchir et conduire ces pays vers le progrès et le développement.
Quelques progrès sont enregistrés dans le domaine agricole dans quelques pays, comme la Cote d’ivoire sous Houphouet Bogny et le Cameroun sous Haïdjo Hamadou.
Mais dans d’autres pays, ce sont des comportements de corruption à grande échelle comme dans l’ancien Zaïre, de la mauvaise gouvernance, de l’incompétence, des guerres civiles qui prédominent notamment en Afrique du Centre et ne prédisposent pas à la réalisation du progrès et de la croissance de leur économie.
Pendant que dans l’Ouest, le Sénégal, sous Senghor fait office d’exception tant par sa démocratie vivace et active que par quelques progrès économiques enregistrés, malgré ses multiples handicaps de départ (pays sahélien et ne disposant pas d’un riche sous sol comme ses voisins du centre).
Le cas du Gabon demeure une exception, car, très tôt après l’indépendance, le pays avec sa manne pétrolière et du soutien actif de la France au régime de Bongo, va réaliser des performances économiques qui le place très tôt dans le peloton de tête des pays à revenu intermédiaire (tranche supérieure) avec un revenu par tête 3 à 4 fous supérieurs à celui de ses voisins et plus de 20 fois celui du pays africain le plus pauvre (Niger). Même si cette richesse n’est pas équitablement répartie, une partie est investie dans des infrastructures de base (route, pont, chemin de fer, hôpitaux, écoles universités..) pour entamer le développement économique.
C : Une forte dépendance des ex colonies à la France et aux organismes internationaux (FMI, Banque mondiale)
Le Franc cfa, une aubaine pour la France pour maintenir sa domination dans ses ex colonies ?
Malgré des petits progrès engrangés ici et là, dans un contexte généralisé de la stagnation des économies, entre 1980 et 1990, demeure une problématique essentielle pour ces pays qui est l’affirmation et le contrôle total de leur souveraineté.
Et une des limites de l’expression totale de cette souveraineté est la capacité pour ces états de battre leur propre monnaie. Ce que nous enseigne l’économie politique.
En effet ces pays, qui ont pour monnaie le franc cfa sont incapables de l’émettre. Elle est fabriquée par l’ancienne métropole, à Pessac en banlieue bordelaise, et gérée par le trésor public français via un compte d’opération. Cela va être un instrument efficace pour l’ancienne métropole pour contrôler ses anciennes colonies, leur dicter via les instances internationales comme le FMI des conditions à respecter pour pouvoir bénéficier de sa bienveillance : garantir les concours financiers extérieurs pour des pays qui ont du mal à faire face à leur dette. Puisqu’au fil des années, par la structure de leurs économies, certaines vont accumuler des dettes vis-à-vis de leurs créanciers (club de Paris ou club de Londres).
La réalité, est que pour certaines économies, le compte d’opération présentait des excédents en devises étrangères.
Avec les années 1980, soit 20 ans après leur indépendance deux phénomènes majeurs apparaissent dans le monde pour perturber la croissance de ces économies.
Le premier c’est la crise pétrolière de 1979, exception faite pour les pays pétroliers de la zone comme le Congo, qui en tirera un avantage réel. Son PIB de 1978 à 1799 croit de 26,69%. Le second phénomène, c’est la politique de réforme du communisme amenée par Gorbatchev en Union Soviétique.
Ces deux faits majeurs vont conduire la communauté internationale via le FMI et la banque mondiale à demander des réformes dans les économies africaines. Ce sont des PAS (programme d’ajustement structurel) qui sont adoptés dans ces pays. Ils ont des conséquences politiques et économiques différenciées selon les pays et selon les secteurs d’activité.
Au Congo Brazzaville par exemple, dont l’idéologie marxiste est prédominante, les conséquences sont assez négatives. Arrêt des recrutement systématique dans la fonction publique des diplômés formés à l’étranger, privatisation de quelques grandes entreprises publiques, bien qu’en majeur partie déficitaire, car vivant des subventions de l’état….
On assiste à l’apparition du chômage de masse, à la libération de l’économie et la libre entreprise.
Les conférences nationales qui se succèdent suite à la conférence de la Baule initiée par la France sous l’égide de François Mitterrand, accélèrent cette privation et libération de l’économie africaine.
Malgré ces réformes structurelles, et un faux diagnostic de ces économies très malades, en 1994 survient un nouveau fait majeur. C’est la dévaluation unilatérale du franc cfa par la France de 50% par rapport au franc français. C’est un véritable coup de massue puisque cette dévaluation non concertée va déconcerter les acteurs et les agents économiques du continent.
Elle est faite officiellement pour desserrer les contraintes qui pèsent sur le commerce extérieur de ces pays dont la part de marché dans le commerce internationale ne cesse de se réduire depuis les indépendances, au profit de quelques pays, d’Asie et d’Amérique Latine.
Le problème de ces pays, ce n’est pas le taux de change qui serait prohibitif et qui rendrait leurs produits à l’exportation très chers, mais plus tôt la structure même de leur économie, basée essentiellement sur des produits du secteur primaire, moins élaborés et relativement peu chers à la base. Faire une dévaluation dans ces économies c’est encore diminuer la masse des recettes à l’exportation qu’elles en tirent. La faible compétitivité de ces économies et à la faiblesse des revenus qu’elles tirent de l’exportation, ont des conséquence
dramatiques à court terme sur ces économies suite à cette dévaluation.
C’est une occasion donnée à ces pays pour pouvoir sortir du carcan du franc français et du trésor public français en créant, par exemple leur propre monnaie. Il n’en est rien. C’est vrai que ces pays vont avoir pour réaction tant en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique du Centre de mettre sur pieds des Unions monétaires prélude à l’intégration sous régionale de leur économie : l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine composée de huit membres) et la Cemac (la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale).
C’est vrai que de 1995 à 1998 avec l’effet conjugué de la dévaluation, d’un contexte économique internationale de croissance et de l’envolée de certains cours des matières premières, on y trouve des taux de croissance de 4à 5% en moyenne.
Une nouvelle occasion est offerte à ces économies, de se lancer dans la création de leur propre monnaie, lors de la création de l’Euro en1999 et du débat qu’il suscite dans ces économies dans l’arrimage ou non du franc cfa à l’€uros via le franc français.
Une nouvelles fois, ils choisissent d’arrimer le francs cfa à l’€uro, via le franc français.
C’est un faux arrimage puisque désormais le franc cfa ne voyage plus hors de ses bases (UEMOA et CEMAC) vers la France. Certes il est convertible en €uros dans les banques centrales ou d’affaires de ces états africains, mais n’est plus disponible pour les opérateurs économiques africains faisant des transactions depuis la France ou l’Europe.
Ce qui limite considérablement les marges de manœuvres dans la conduite des affaires avec l’Europe et les autres parties du monde.
Décidément par tous les moyens : économiques, politiques, diplomatiques scientifiques…, culturels avec le français comme langue officielle dans la plus part de ces économies, la France ne veut absolument pas lâcher ses anciennes colonies, notamment depuis que la Chine s’y intéresse, alors que d’autres pays dans la même situation que ces pays francophones au sortir de leur domination coloniale, à l’image des pays du Nord du continent, ont su faire progresser leur économie et les hisser à des niveaux de performances assez exceptionnelles (cf. infra comparaison Afrique francophone et Afrique du Nord).
A noter que contrairement à ce que l’on pensait notamment du côté des détracteurs de la présence en Afrique francophones de la France, la situation économique des pays dits anglophones n’est pas meilleure non plus. A l’exception de la RDC dont la situation économique au regard des ses immensités, est un vrai scandale, un déni de développement, l’Afrique francophone s’en tire pas trop mal.
Le problème des pays francophone est beaucoup plus politique, qu’économique. Ici, le déni de démocratie, le non respect des droits de l’homme, la corruption généralisée en système de cooptation et de parrainage, l’insolente inégalité de revenus entre la minorité très riche et la majorité très pauvre, sont des facteurs qui limitent de manière quasi suicidaire les potentialités extraordinaires de cette zone et l’empêche d’accélérer sa croissance et son développement et de diversifier son économie. Parce que le plus souvent basée sur deux ou trois produits à l’exportation (le pétrole et le bois par exemple pour le cas du Congo Brazzaville).
D : L’insoutenable inégalité des revenus en Afrique Centrale : l’exemple du Congo Brazzaville.
Parlant particulièrement de la répartition des revenus, le tableau en téléchargement dans notre rubrique télécharger, est une illustration parfaite de l’inégalité des revenus constatée en Afrique centrale comparée à son homologue de l’Ouest.
Alors que le PIB moyen par habitant (production moyenne) annuelle en Afrique de l’Ouest est supérieur à celui de l’Afrique du centre 718,20 $ us contre 677,82 $ us, on constate un rapport inversé quant à la moyenne de la pauvreté entre ces deux zones, exception faite pour la RDC.
Les pays riches d’Afrique centrale sont ceux qui produisent beaucoup de pauvreté en Afrique francophone. 49,22% en moyenne de la population de l’Afrique centrale est pauvre, exception faite pour le Gabon (données inconnues) contre 46,31 pour l’Afrique de l’Ouest. La moyenne de l’ensemble de l’Afrique francophone étant évaluée à 47,76%.
Ce constat est confirmé par l’analyse du différentiel de la moyenne du RNB/habitant entre les deux zones.
En Afrique du centre, le revenu national brut annuel moyen par habitant est de 3763 $ US, ou 4703, 56 € avec pour taux de conversion euros/dollars à 1 euro = 1,25$, soit 3 129 238 Francs cfa /an ou 260 769,83/mois, alors qu’il est seulement de 601,25 $ us, soit 751, 56 €, ou encore 4937, 74 franc français, soit 493774 franc cfa/an, ou 41 147, 83 franc cfa/mois en Afrique de l’Ouest.
Autrement dit, l’africain du centre théoriquement gagne par année, en moyenne, plus de 6 fois que l’africain de l’ouest. Cette situation cache en effet une disparité extrême des situations des revenus des populations dans cette région d’Afrique.
I
C’est le problème majeur de cette partie de l’Afrique : celui du partage équitable des richesses. Ce problème doit être résolu si l’on veut éviter à terme des guerres civiles encore plus violentes dans cette zone que par le passé.
Les explications à ces inégalités, notamment dans les principaux pays pétroliers de l’Afrique centrale comme le Gabon, le Congo, le Cameroun et plus récemment la Guinée équatoriale qui à eux seul produisent plus de 90% du PIB de la région, peuvent être décelées sur deux niveaux. Au niveau des rapports entre les compagnies pétrolières et les Etats d’une part et entre les ces derniers et leurs populations d’autres part.
1 : Le pillage du pétrole africain par les compagnies pétrolières étrangères ?
Au niveau des accords ou contrats passés ou conclus avec les compagnies pétroliers dans le partage de cette production.
Ici, contrairement à d’autres régions du monde producteurs du pétrole comme le moyen orient (Arabie saoudite, Koweït, Irak sous Saddam…), en l’Amérique centrale ou Latine comme au Venezuela, où les licences de forage et d’extraction négociées au prix fort, font que le partage est fait de façon presque égalitaire entre les compagnies pétrolières et les états de ces zones, alors qu’en Afrique centrale, ce partage est fait au détriment des pays et considérablement en faveur des compagnies pétrolières.
Le rapport est dans l’ordre de 15 à 20% pour les pays alors qu’il est de 50/50 dans d’autres zones. Ici, la qualité du pétrole n’explique pas les écarts de partage, même si le pétrole des autres zones paraît être de bonne qualité : en eaux profondes. C’est aussi le cas du pétrole du golf de Guinée qui lui aussi se trouve en eau profonde.
Quand, à la faveur de l’alternance politique, la nouvelle équipe gouvernementale veut revoir ces accords, pour multiples raisons, comme ce fut le cas du Congo Brazzaville avec les compagnies françaises installées à Pointe noire, on arme les oppositions et on crée des guerres civiles. C’est ce qui s’est passé au Congo Brazzaville en 1997.
Mais depuis, avec la pression des ONG, des institutions financières internationales, des avenants aux contrats pétroliers liant le Congo aux compagnies pétrolières, ont été introduits notamment en 2003, pour essayer de rééquilibrer le partage du pétrole entre le Congo et ces compagnies. Outre la taxe minière qui a été modifiée, les pourcentages du partage, l’ont été aussi, passant dans les années 1960 à 17% en faveur du Congo à 40/50, voir 85% selon les tranches de production. Pour les détails vous pouvez aller sur ce site : www.mefb-cg.org/ministeres/presentation.html).
2 : Le pétrole du peuple africain aux mains des états prédateurs ?
Le deuxième niveau expliquant ces inégalités, c’est au niveau du partage du pétrole de la part incombant aux Etats.
Les recettes pétrolières, si elles tombent effectivement dans les caisses du trésor public, ce qui n’a pas toujours été le cas, sont très inégalement distribuées entre les prétendus bénéficiaires dont le peuple est le grand exclus.
Ici, on peut lire un ouvrage de Xavier Harel pillage à huis clos où comment une poignée d’inities siphonne le pétrole africain.
La lecture de ce travail hautement documenté, vous livre les mécanismes, les combines imaginés par ceux là même qui sont censés gérer cette manne au profit du peuple et du pays.
On y trouve des sociétés écrans montées par les proches du pouvoir, pour acheter auprès de la société publique qui a le monopole de commercialiser le pétrole dans un pays d’Afrique centrale, à un prix défiant toute concurrence et le vendre dans les zones offshore deux à trois fois plus chers. Par exemple au Congo Brazzaville une société, la Contrad : la Congolaise de trading, société à capitaux privés, majoritairement appartenant aux proches du pouvoir, avec quelques juristes (africains et étrangers) malins achetait du pétrole à la Société nationale du pétrole du Congo (SNPC), pour le revendre via des sociétés écrans basées à Hong Kong au marché mondial du pétrole, 2 à 3 fois plus cher..
La Contrad vient d’ailleurs d’être liquidée sous l’injonction du FMI et de la Banque Mondiale. En contrepartie, le Congo a pu bénéficier du dispositif d’aide financière de la part du FMI, qui est l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
Qui l’aurait cru ? Un émirat pétrolier très pauvre. C’est pourtant ce qu’est le Congo Brazzaville peuplé à peine de 3 615 152 d’habitants avec 46% de sa population déclarée comme pauvre. La guerre de 1997 n’explique à elle seule, cette situation de pauvreté.
Grâce à cette initiative, le Congo Brazzaville a pu bénéficier de 40 milliards de remise de dette de la part des ses créanciers. Ce qui fait de lui en 2010, le pays le plus prometteur en terme de croissance, avec les prévisions de croissance pour cette année à 12, 2% et un budget 2010 qui est le double de 2009 (cf. site du Ministère congolais des finances, du budget et du portefeuille public : www.mefb-cg.org/ministeres/presentation.html).
Il sera le pays pétrolier d’Afrique Noire qui connaîtra le taux de croissance le plus fort de l’année. Osons croire qu’enfin, le pétrole congolais, longtemps sous la coupe d’une poignée de petits hommes qui se prennent pour Mandela Nelson, aille au profit du plus grand
ombre. Et qu’il serve à moderniser le pays qui reste, chose à peine croyable, l’un des plus ruraux, des plus paysans pays du monde avec seulement 19% du taux d’urbanisation.
Il n’y a que Madagascar, le Ghana en Afrique de l’Ouest et l’Erytrée dans la corne de l’Afrique qui font moins bien que lui avec respectivement 18%, 15% et 14%.
C’est apparemment ce qui semble se dessiner. Car depuis la signature de l’accord, suite à l’initiative PPTE, il y a une certaine transparence dans la gestion du pétrole congolais où l’on peut trouver sur le site du Ministère des Finances, des données régulièrement mises à jour sur la gestion du pétrole congolais. Un observatoire anti-corruption a été crée.
Il est chargé de veiller à l’absence de conflits d’intérêt entre les différents administrateurs ou responsables qui participent de près ou de loin à la gestion de la SNPC (Société nationale du pétrole du Congo) et de ses filiales
Mais il est sans doute trop tôt pour juger avec pertinence la portée de cet accord et ces changements.
Malgré ces chiffres flatteurs pour l’Avenir, le Congo, comme les autres pays pétroliers de l’Afrique centrale, est l’un des pays où l’on meurt très jeune, avec 54 ans d’espérance de vie, à l’exception du Gabon (60ans). La moyen en Afrique centrale étant de 51,28 ans, contre 56,01 en Afrique de l’Ouest, 54, 75 dans la corne de l’Afrique et 49, 77 ans en Afrique Australe, la seule région au monde où l’on vit vraiment moins longtemps. Le sida en serait la principale cause.
En comparaison avec l’Asie du Sud Est et l’Amérique Latine, la moyenne de l’espérance de vie sont, respectivement, de 72,87 ans et 74,50.
C’est une véritable problématique pour le développement à long terme de cette zone économique de l’Afrique qui paradoxalement, à l’image de l’Afrique du Sud et du Botwana enregistrent quelques indicateurs économiques largement positifs par rapport à quelques pays pétroliers et miniers d’Afrique centrale à l’exception du Gabon.
Le Botwana et l’Afrique du Sud ont respectivement un RNB/habitant/an de 6640$ et de 5820. Le Botwana faisant même mieux que l’Afrique du Sud sur un certain nombre d’indicateurs étudiés (ratio Dette/RNB 3, 30% pour le Botwana, contre 15,70% à l’Afrique du Sud ; taux de chômage 17% contre 22%).
Les pays d’Afrique AustraleMozambiqueZimbabwéLesothoAngolaMalawieZambieBotwanaNamibieAfrique du Sud
II : La France et l’Afrique francophone en 2010.
Si jadis, la France fut à tort ou à raison accusée de faire et de défaire les régimes politiques dans une partie de ses anciennes colonies, avec la présence de ses militaires via les accords de défense ou ses bases militaires, en favorisant des guerres civiles des régimes dictatoriaux, des exemples sont légions, aujourd’hui cette présence semble s’étioler.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce repli.
D’abord la force des ONG qui dénoncent la Françafrique, ensuite la volonté de la France elle-même convaincue de procéder pour des besoins économiques à une réorientation stratégique, le contexte économique mondiale qui redistribue les cartes dans la géopolitique internationale.
La Chine devenant de plus en plus puissante économiquement et ayant de plus en plus besoin de matières premières notamment le pétrole, en Afrique francophone, lui permet, par la même occasion de coopérer avec elle. Ce qui laisse à ces pays la possibilité d’affirmer leur souveraineté sur leur sous sol et leur ressources.
Ce qui, dans un contexte de mondialisation, laisse assez de marge de manœuvre à ces pays qui avaient pour seul partenaire commercial l’ancienne métropole.
Affirmer sa souveraineté sur son pays est une chose, mais savoir le gérer et faire partager bénéficier à tous ses fils et filles les fruits et les conséquences de cette affirmation positive de souveraineté en sont d’autres.
C’est le défi que doivent lever ces pays autrefois sous influence française qui certes continueront de commercer avec la maison mère mais qui désormais ont la capacité et la maîtrise de leur développement.
Si cet objectif avait du mal à être maîtrisé par ces pays au sortir des indépendances, la mondialisation des économies est, une opportunité pour certaines d’entres eux, en particulier pour les pays pétrolier de le maîtriser, de partages équitablement leurs richesses.
Les dirigeants de ces pays, ne pourront plus, invoquer pour certains avec démagogie l’impérialisme, le colonialisme, la traite des noirs…, certes qui resteront des grands crimes contre l’homme noir, et contre l’humanité, pour d’autres avec facilité, l’échange inégal entre le nord et le sud dans le commerce mondial, même si une partie de cette problématique restée à régler dans le cadre de l’OMC (Organisation mondiale du Commerce), parce qu’ils ont aujourd’hui les clefs de leur développement, notamment celle du partage des richesses. Ceci concerne notamment en Afrique du centre.
Parce que quand on compare cette région d’Afrique Noire avec celle du Nord (le Maghreb), on constate que pour presque les mêmes moyennes de ratios RNB/habitant/an, respectivement de 3763 us et 3759 us pour l’Afrique centrale, et l’Afrique du Nord, la première traîne un taux de pauvreté en moyenne de 49,22% de sa population quand la seconde a seulement 16,47%. Ce chiffre double presque dans le Maghreb, c'est-à-dire à 31,38% quand on y ajoute l’économie Mauritanienne, comme pays de l’Afrique du Nord. Il a un taux de pauvreté de 46,3% de sa population.
Dans la corne de l’Afrique le taux pauvreté/population est de 48,6%
L’Afrique Australe ne fait pas exception à ce mal africain noir, (celui des taux de pauvreté qui approchent les 50% de la population) puisqu’elle a un taux de pauvreté moyen de 48,13% de sa population avec des pics en Zambie 68%, Lesotho 56,50% et le Mozambique 55,20%. Le paradoxe revient au Zimbabwé de Mungabé avec seulement 34,90 % de taux de pauvreté. Il fait mieux que la Tanzanie voisine avec 35%.
L’Afrique Anglophone ne fait guerre mieux, avec 41,3% de taux de pauvreté.
On voit bien que le mal en Afrique Noire, est le même. Il dépasse l’histoire coloniale, il dépasse le choix des régimes politiques, il dépasse les conditions géographiques. Même si il est un peu tout ça. C’est vrai qu’il n’est pas le même partout. Il y a des pays démocratiques respectueux des libertés fondamentales, des droits publics, des droits et de la personne humaine qui par ailleurs ne sont pas des pays qui sont riches. Ce sont paradoxalement dans ces pays que la nature a été un peu hostile.
Nous voulons parler du Ghana, du Mali et du Sénégal, où la démocratie tant bien que mal avance sans forcement être accompagnée du développement de ces nations, alors dans d’autres, la dictature conséquences de la richesse potentielle, ne permet pas ni la démocratie ni véritablement le développement.
Ici, on peut penser au Congo Brazzaville, au Gabon, au Cameroun et en Guinée, équatoriale ou Guinée Conakry…
En Afrique vaut mieux être un état pauvre en ressources naturelles qu’un état pétrolier ou minier.
Le scandale de la RDC
L’exemple de la RDC ex Zaïre est un exemple saisissant et scandaleux. A lui seul, ce pays illustre la tragédie africaine, alors qu’il est la nation au monde où le sous-sol recèle des immenses riches, le pays reste sans doute le plus pauvre du monde.
Mais aujourd’hui que constate-t-on dans ce pays ?
RNB/h de 150$/an, plus de 71% de la population, qui est de plus de 64 millions, est pauvre, 118% de RNB consacré à la dette, l’espérance de vie est de 48 ans….
On continuer ainsi la liste des indicateurs qui sont dans le rouge et dans le noir pour ce pays.
Aujourd’hui, le mal du continent noir au-delà de l’Afrique francophone c’est celui de sa mauvaise gestion, celui d’abord de l’élite africaine qui n’a pas su anticiper les grands enjeux du monde qui n’a pas su conquérir tout son espace culturel, géographique, économique, et social pour penser à son développement.
Une élite qui a pensé à sa carrière, à ses intérêts qu’à celui de sa nation, de son peuple et de son continent, à quelques exception près (Afrique du Sud, Sénégal, Ghana, Botwana)
Ce sont des causes endogènes liées à l’homme africain et aux conditions de vie dans certains pays du sahel qui expliquent la grande souffrance des peuples africains.
III : Quelques pistes de réflexions et d’actions.
1 Une connexion directe avec les diasporas africaines dans les 4 coins du monde (Amérique, Caraïbes, Europe, Asie).
Comme la Chine et Israel l'ont fait pour batir leur développement. C'est essentiel pour le développement rapide de l'Afrique. PLus de complexe ou de jalousie entre les africains de l'intérieur et ceux de l'extérieur. Ils doivent se mettre tous ensemble au service de ce continent en devenir.
2 : Déconstuire psychologiquement les références historiques négatives de l’Afrique et des africains pour s’affirmer comme des êtres capables et dignes de confiance de géni.
3 : Lutter avec une détermination monstre contre la corruption
4 : Conquérir tous les territoires pour les intégrer au processus du développement, en faire des endroits de vie économiques, touristiques et d’activités, pour tendre vers un taux d’urbanisation proche de celui de la moyenne de l’Afrique du Nord 92,2%, alors qu’en Afrique Noire, la moyenne de ce taux est seulement de 33,67% avec des disparités importantes selon les pays..
5 : Créer d’autres centres urbains pour équilibrer et repartir de manière égalitaire le processus de développement et de partage des richesses nationales.
6 : Faire des vrais plans de formations universitaires et de recherches pour les produits culturels africains capables de pouvoir s’exporter.
7 : Entamer des véritables programmes d’industrialisation du continent
8 : Construire une économie des services à forte valeur ajoutée.
9 : Mutualiser les ressources et les dépenses dans les grands travaux (construction des ponts autoroutes continentales) dans le cadre de l’intégration africaine.
10 : Doter les pays des spécialités économiques pour éviter des concurrences sauvages entre les Etats11 : Promouvoir encore et plus la démocratie, la liberté individuelle et libérer les énergies, la création, la créativité et la talent.
11 : Lutter contre les formes d’obscurentisme, de magie noire et de rites initiatiques qui obèrent la science africaine et retarde son développement.
12 : Il faudra à l’avenir, dans le cadre de la conclusion des contrats internationaux, avec les pays tiers, exiger des clauses de transfert de technologies pour permettre aux africains de s’en approprier.
:13 Pour atteindre les objectifs du millénaire (OMD), non pas à l’horizon 2015, pour les pays francophone (avec le taux de pauvreté de plus 48% en moyenne), mais vers 2020, il faudra accélérer les processus de prises de décisions, de croissance et donc de développement économique.
14 : A terme (5 ans), aller pour les pays francophones, vers la création d’une monnaie commune et autonome vis-à-vis de la France et de son compte d’opération, convertible directement avec les principales monnaies internationales (yuan, Dollar US, €uro, la livre sterling…)
15 : Créer les conditions d’une véritable mobilisation de l’épargne sous continentale, en créant une grande bourse panafricaine, afin d’attirer les investisseurs sur le continent.
16 : S’approprier les NTIC, en les vulgarisant partout avec l’arrivée de la fibre optique.
CONCLUSION
Aujourd’hui, l’Africain est victime de l’Africain. Quand cette réalité sera véhiculée sans complaisance dans les cercles de vies, de pouvoirs, en Afrique et ailleurs, l’Afrique commencera un véritable travail sur lui-même, pour arrêter de voir dans l’étranger l’auteur de tous ses maux.
50 ans après les indépendances, le bilan parait mitigé. Ces 50 ans auraient pu être utilisé autrement et sans doute très avantageusement si certains pays africains de la zone ne s’étaient pas comportés comme des enfants auprès de leur ancienne métropole et cette dernière n’aurait pas eu ce comportement de père qui punissait ceux d’entre eux qui ne lui obéissaient pas. 50 ans de gâchis de temps perdus qu’il est temps maintenant de rattraper.
Prions que la nouvelle donne dans cette zone avec l’arrivée de la Chine toute puissante est un élément qui de part et d’autres de la mer méditerranée, permet aux deux zones de traiter d’égal à égal pour leur plus grand bien.
Apparemment c’est ce qui semble se dessiner depuis la dernière rencontre France Afrique de Nice du 31/05 au 01/06, sous la direction de Mr Nicols Sarkozy où la France cherche à influencer sur la diplomatie Onusienne pour permettre à toute l’Afrique, non seulement francophone d’obtenir un ou deux sièges permanents au Conseil de sécurité.
Mais ici, c’est une autre paire de manche. La bataille est loin d’être gagnée.
Nos Sources de recherches
Site de la banque mondiale
http://donnees.banquemondiale.org/pays
Site du ministère congolais des finances :
http://www.mefb-cg.org/ministeres/
Site de perspective
http://perspective.usherbrooke.ca/
Xavier Harel Afique pillage à huis clos
Comment une poignée d’initiés siphonne le pétrole africain.
Marc Penouil : Economie africaine bilan et perspectives, publiée en 1972.
Bonne visite et bonne lecture ou relecture.
Michel Okemba-Ongouya
Administrateur du Site : www.ethique-et-affaire.com
Gérant Consultant du Cabinet Etika Consulting
Juriste/Economiste et Informaticien.
Les privilèges ont la vie dure en France
Dossier publié le 30/06/2010
Les privilèges de la république, finissons en !
De l’ancien régime, à la 5ème république, en passant par la révolution française de 1789, les privilèges ont la vie dure en France.
Plus de deux siècles après la révolution française de 1789, nous faisons un bilan et une analyse synthétique de la situation politique, économique et sociale de la France et des privilèges qui y existent.
Nous disons que tout ne peut pas être écrit sur un document de quelques pages qui paraît sous la forme d’un article.
Nous parlerons de l’essentiel, pour démontrer que plus de 2 siècles après la révolution française de 1789, les privilèges existent encore en France, alors que nous avons changé de régime politique.
I : Les raisons de la chute de l’ancien régime (la monarchie absolue)
Mais avant de faire cette synthèse essayons de présenter de manière globale les principales raisons qui ont provoqué cette chute de l’ancien régime et l’avènement de la révolution.
Ces causes sont principalement de trois ordres.
- des causes politiques : le peuple ne voulait plus de la société d'ordre telle qu'elle existait depuis des siècles et qui donnait trop de pouvoirs à une classe devenue trop riche et trop peu nombreuse, par rapport à la majorité de la population (le Tiers Etat) qui lui était très pauvre, ne disposant que de droits minimes ;
- des causes économiques : la France avait subi, au cours des dernières années précédant 1789, de nombreuses sécheresses et le gel, qui avaient ruiné les récoltes. Mais les paysans devaient malgré tout s'acquitter de leurs obligations en matière d'impôts, quelque soit les rendements agricoles. La situation devint donc de plus en plus insupportable, jusqu'à entraîner la mort dans les campagnes ;
- des causes sociales, qui sont la résultante des causes exposées ci-dessus : le peuple ne voulait plus de cette société injuste qui les conduisait à la famine.
Le 14 juillet 1789, une manifestation a lieu à Paris. Elle dégénère lorsque le peuple prend la Bastille, symbole du pouvoir autoritaire et où sont stockées des munitions et des armes. Elles seront bien utiles aux révoltés pour faire entendre leurs revendications.
La similitude avec le contexte de crise que vit la France est assez troublante à quelques exceptions près, même si nous avons fait beaucoup de progrès notamment dans le respect des droits de l’homme, mais le privilèges demeurent incontestablement..
II : Des similitudes :
Il y a la crise sociale et économique aujourd’hui, à la place de la sécheresse sous l’ancien régime. Il y a des ouvriers qui sont aujourd’hui des travailleurs pauvres à la place de la paysannerie de l’ancien régime appauvrie par la sècheresse, il y a une confusion des pouvoirs législatif, exécutif, judicaire, sous l’ancien régime comme sous la 5ème république de Sarkozy, bien que théoriquement ces trois pouvoirs soient distincts. C’est vrai que le judiciaire résiste mieux la tentative de sa domestication par l’exécutive et notamment le Président.
Il y a des privilèges aujourd’hui comme sous l’ancien régime, il y a de l’injustice encore plus importante aujourd’hui que sous l’ancien régime surtout si l’on sait dans quel régime on vit…
On peut continuer ainsi la liste des éléments communs entre l’ancien régime et la 5ème république française de 2010.
Est ce pour autant dire que des progrès n’ont pas été accomplis, que la révolution de 1789 a été faite pour rien, que la chute du royaume de France , de Louis XV1, et la tête tombée de Maximilien Robespierre, ne furent de que pures et vaines sacrifices ?
III : Quelques Progrès
A ces questions on peut quand même dire que quelques progrès ont été enregistrés, au fil du temps, notamment sous la 3ème république d’abord.
Elle est déclarée comme la république des libertés. Dans plusieurs domaines le respect des droits de l’homme : la liberté de la presse, la liberté religieuse (alors que sous l’ancien régime il fallait être catholique. Ici on proclame la laïcité…), l’égalité homme professionnelle Homme/femme, le droit de vote des femmes en 1944, grâce à de gaulle, est proclamée, au moins théoriquement.
Sous la 4ème république ensuite. Ici, aussi on note quelques progrès sur la proclamation des droits d’ordre économiques, notamment au sortir de la 2ème guerre mondiale où les libertés économiques sont affirmées et consacrées par le préambule de la constitution du 27 octobre 1946.
On peut citer pèle mêle, le droit à l’action syndicale, le doit de grève, le droit d’obtenir un emploi, le droit au repos et au loisir….
Dans la fonction publique, contrairement à l’ancien régime, l’accès n’est plus héréditaire, où on peut hériter d’un poste comme l’on hérite d’un bien légué par un ascendant, mais se fait par voie de concours.
Avec toute cette législation d’après guerre conjuguée avec le plan Marshall qui est la reconstruction de l’Europe par les USA, on assiste à un boom économique sans précédant en France. Ce sont les trente glorieuses : la trentaine d’années de croissance économique ininterrompue. Elle cessera avec le premier choc pétrolier.
D’autres progrès, sont enregistrés sur le plan institutionnel, au début de la 5ème république, avec l’élection, à partir de 1961 du Président de la république au suffrage universel direct. Avec l’affirmation du rôle du Conseil constitutionnel, les libertés individuelles sont de plus en plus protégées.
IV : Le temps des inégalités.
Après ce progrès institutionnel et économiques, du début de la 5ème république, on assiste à la régression sociale, surtout après le boom des trente glorieuses.
Outre les périodes inflationnistes qui accompagnent les deux grands chocs pétroliers, apparaît le chômage de masse. Au début de ce phénomène, on pense qu’il est conjoncturel. Les débats entre les économistes fait rage et le problème persiste.
La chute du mur de Berlin à la fin des années 1980 et le triomphe du capitalisme mondialisé vont accélérer ce chômage qui devient structurel. A son tour, il accélère l’accroissement des inégalités et dans le monde et dans chaque pays. Les politiques de gauche comme de droite se succèdent. Ils promettent vents et marrées, mais la régression sociale continue de gagner du terrain. On invente le RMI, les restos du cœur. Heureusement qu’ils sont là. Les Hommes politiques au sommet des Etats devenus hyper endettés, n’ont plus de marge pour assurer la justice rédistributive : la répartition assez juste des richesses des nations, par l’impôt. On ne travaille plus pour l’homme, mais pour l’entreprise et la finance.
Les élites politico-économico-industrielles sont impuissantes face à la montée des financiers et des capitalistes prédateurs. Et l’appétit sans limites de ces prédateurs, avec la crise financière, économique et sociale qu’ils ont provoqué, aujourd’hui met à genoux des états qui semblaient être invulnérables, parmi lesquels, l’Etat Français, avec une dette colossale de plus de 68% de son PIB.
V : La persistance des privilèges un scandale sous la république (5ème).
Les privilèges dont nous faisons état, sont ceux qu’accumule aujourd’hui l’élite politico-économique au 21ème siècle. Un peu comme ce qu’accumulaient les courtisans du Roi Louis XVI sous la Monarchie absolue, de sa cours et surtout du clergé et de la noblesse.
Ce que les hommes politiques n’ont pu anticiper aujourd’hui, c’est la persistance des inégalités, la montée de la misère et de ces privilèges, de la régression sociale signes eux-mêmes du déclassement de certaines Nations autrefois riches, parmi elle, la France.
Parce qu’entre temps, quelques Nations, très combattantes, inventives, visionnaires et ayant accumulés de la finance, de la technologie, de l’industrie, un savoir faire certain dans les domaines de pointe et de la main d’œuvre très qualifiée et bon marché, sont arrivés sur le marché mondial des biens et services, avec la libéralisation des échanges via l’OMC.
Ce sont les émergents : la Chine, Le Brésil, la Russie, après son communisme, l’Inde, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, pour ne citer que celles là. Elles sont au 21ème siècle ce que furent l’Allemagne, la France, les USA, la Grande Bretagne, ces grands pays développes, au 19/20ème siècle.
Ces bouleversements ne sont pas anticipés par l’élite politique française. Elle continue de faire des promesses et de voir la vie en rose. Puisqu’à chaque fois qu’elle arrive au pouvoir, elle s’auto augmente les salaires, alors que les maux de la société persistent et s’aggravent.
Souvenons nous de l’augmentation des salaires des Ministres sous le premier gouvernement de Chirac où les salaires avaient été augmentés de près de 50%, pour soit disant rattraper le retard par rapport aux voisins européens, l’Allemagne notamment.
Paroles de Mr Jean François Copé, alors ministre du budget sous ce gouvernement.
Plus récemment en 2007, Mr Sarkozy, venant d’être élu avait valorisé son salaire, en le multipliant par 3, passant de 6000€ à plus de 20 000€ par mois.
On invente le bouclier fiscal, pour protéger un certain nombre de fortunes amies sous prétexte que les plus fortunés quittent la France.
Pour donner l’illusion aux plus modestes comme quoi, la république partage assez équitablement ses richesses, qu’elle,en fait,n’a plus, on invente le RSA.
Quel bilan aujourd’hui de ce nouveau palliatif social ?
Mais la souffrance continue de gagner les foyers de France. Le nombre des demandeurs de l’aide sociale explose, le chômage atteint 4% de la population active alors qu’en 2007, le Candidat Nicolas Sarkozy prévoyait le plein emploi en 2010/11. C’est vrai que la crise est passée par le chemin du plein emploi et l’a dérouté vers les lendemains incertains.
La classe économico-affairiste n’est pas en reste. Il y a des dividendes pour les actionnaires des monstres du CAC40, il y a des bonus pour les PDG disciplinés qui font saigner humainement et produisent du blé. Il y a les stocks options qui sont dans les portefeuilles des cadres et hauts cadres les plus « méritants ».
Des stocks qu’ils peuvent transformer en liquide quand le cours de l’action support de ces stocks augmente en bourse…sans oublier les parachutes dorés. Ces énormes indemnités que l’on verse aux patrons licenciés ou remerciés, même quand ils ont échoué dans leurs missions. Les exemples ne manquent pas ces derniers temps. Demandez à Zaccharia, cet autre patron d’une grande entreprise française qui avait fait parler d’elle, il y a quelques temps. Il vous dira qu’il n’a pas assez gagné pour partir sans son parachute. On estime que ce qu’il a obtenu représente environ 1333,33 smig. C'est-à-dire un parachute évalué à environ 2 millions d’euros.
Les parlementaires, l’espace d’une mandature : 5 ans pour les députés et 6/9ans pour les sénateurs, bénéficient d’une retraite à taux plein. On comprends pourquoi ils se battent apprement à occuper ces graisseux postes.
Pendant ce temps l’ouvrier des mines ou de l’automobile doit attendre 41 et bientôt 42 ans pour en bénéficier. Et ce n’est même pas certain, vu les trous dans son parcours professionnel dus aux arrêts de travail, pour cause de baisse d’activité…
Au même moment, les deux élites accumulent d’autres privilèges : les logements de fonction, les voitures de fonction, les voyages, les repas et les loisirs gratuits, ou presque, puisque par le biais de leur comité d’entreprise ou syndicats professionnels ils bénéficient d’avantage sociaux considérables.
L’ouvrier, le cadre moyen, l’employé, quant à lui, celui que l’on appelle le travailleur pauvre devient de plus en plus pauvre puisqu’il a du mal à manger, et à se loger, à s'habiller....
Certains d’entre eux qui travaillent, dorment dans les rues de France. Ils doivent survivre, car, pataugent dans la boue et la misère la plus absolue. Les politiques font semblant de ne pas la voir.
Il a fallu l’insolence, les erreurs, le mépris de certains d’entre eux, pris en flagrant délit d’indécence, vis-à-vis de cette misère humaine qui pourtant est sous leur yeux, c’est vrai que ces très, très hautes personnalités sont dans des tours d’ivoire, d’argent et d’or et qu’elles ne la voient pas ou presque…, nous voulons parler de Christian Blanc, l’homme aux cigares de luxe, de Christine Boutin, la femme cumularde, de Madame Fadela Amara, celle qui occupe un logement de fonction pour le confier à son frère, de Rama Yade, celle qui critique le luxe de l’équipe de France et ne prend pas soin de cacher le sien avec des hôtels 4 ou 5 étoiles où de chambres loués à 660€ la nuit en Afrique du Sud, de Joyandet Alain le voyageur de luxe en jet privé à 116000€, la location pour faire simplement France/Martinique/France….pour que l’opinion, aidée enfin par une opposition politique digne de ce nom, s’émeuve de l’existence de ces privilèges.
En plein jour, on découvre ces branches voilées de l’arbre France de la 5ème république qui ressemblent étrangement à celles de l’ancien régime.
Les Finances publiques françaises : Au delà des rafistolages
Aujourd’hui on nous annonce quelques mesures de rigueur et d’éthique dans la gestion des deniers de l’état français. La réduction des voitures et des logements de fonction, la réduction des effectifs dans certains ministères, les voyages en TGV et non plus en Avion, la fin de la garden party à l’Elysée, de la chasse présidentielle….
C’est vrai que vaut mieux tard que jamais. Enfin le Président a pris la mesure non pas de la misère qui sévit en France mais l’ampleur des privilèges des princes et autres cumulards des chateaux. Puisque lui-même, bien que supprimant la garden party maintient la commande d’un avion super luxueux (un A330) d’une valeur de près de 180 millions d’Euros.
Avouons que c’est budgétivore, ce caprice présidentiel en ces temps de disette pour le peuple !
C’est vrai qu’en comparaison avec d’autres pays, on pourra toujours se consoler en disant qu’il y a pire que nous, surtout du côté de l’Afrique. Récemment un ancien chef d’état originaire de l’Afrique centrale avait défrayé la chronique et provoqué l’émotion pendant son séjour aux USA, pour assister à l’Assemblée annuelle de l’ONU.
A cette occasion, il avait amené, à défaut de toute sa tribu, ou presque, tout le village, car c’était l’occasion où jamais pour ses proches d’aller voir l’Amérique, peu importe que cela coûte des millions et des millions de francs cfa à la Nation.
Par contre on devient furieux comme citoyen français très rigoureux sur les finances publiques françaises, quand on voit la modestie avec laquelle vivent quelques grandes Nations comme la France.
La Chancelière allemande Angela Merkel vit dans un modeste appartement dans un quartier pas forcement très chic. En Norvège, un des pays les plus riches du monde à cause de son pétrole, les Ministres sont obligés de prendre les trains, de voyager sans escadrons ou escortes, comme le citoyen moyen… Mais en France on a l’habitude des anciens monarques et châteaux.
Mais l’ampleur des déficits publics, la présence des niches ou privilèges, en particulier avec le bouclier fiscal et l’accumulation des avantages de toutes sorte sont encore des leviers aux mains des pouvoirs politiques pour aller plus loin dans cette direction montrée par Monsieur le Président. Il ne faut pas simplement faire de l’enfumage mais aller plus loin.
Plus loin, pas forcement faire une révolution style 1789, ni même celle comme de 1917 (la révolution russe), mais faire accepter aux privilégiés eux mêmes de partager assez équitablement leur richesses dans les entreprises, dans la haute fonction publique, dans les partis politiques, les syndicats professionnels, les comités d’entreprises….
Parce qu’il est devenu politiquement, économiquement, éthiquement, et socialement intenable pour ces cumulards, ces privilégiés, en ces temps de crise, dans la république, de jouir de ces passes droits, de cette opulence, pendant que le quart de la population est dans la disette.
Aller loin, c’est revoir les grilles salariales, dans les entreprises, aller plus loin, c’est tendre vers l’équité et non simplement vers la justice sociale dans les rapports entre les plus nantis et les moins nantis.
Aller plus loin, c’est redéfinir les rapports entre les citoyens d’une même Nation, d’un même monde, c’est redéfinir nos rapports avec l’argent, nos rapports avec le travail. De quel travail dois-je occuper, celui de la vente des armes pour tuer, celui d’éduquer et former les élites responsables et citoyennes ou celui de vendre mon corps au plus offrant…. ?
AU DELA DES PRIVILEGES EN FRANCE
Aller plus loin, en fait, c’est redéfinir ce qu’est l’homme, sa valeur, dans la hiérarchie des choses et des êtres, enfin de compte, c’est se questionner sur ce que nous sommes vraiment individuellement et collectivement ?
Ce n’est plus simplement de la compétence du politique de la France politique, de l'Allemagne, de l'Italie,… mais de la compétence de ceux qui réfléchissement collectivement pour l’avenir de l’humanité de notre humanité.
Nous voulons parler du G8 et surtout demain du G20 et de quelques grandes consciences religieuses et philosophiques d’un monde.
Cette ambition n’est pas facile à faire partager comme projet collectif du monde de demain. Les pays du monde, aujourd’hui épris par l’esprit de compétition économique internationale qui les anime les uns contre les autres et de leur individualisme sont incapables de bâtir ce genre de dessin pour l’humanité tout entière.
Tant qu’il y aura de la concurrence entre les Nations, entre les hommes, entre les familles et entre les membres d’une même famille et non la solidarité, réelle, à ne pas confondre avec l’assistance, il y aura des privilèges et des privilégiés.
Ecore que ce que le commun des mortels n’accepte pas, c’est leur affichage au vu et au su de l’indignité et de la misère humaines : lorsque cette affichage méprise et heurte notre conscience au plus profond d’elle.
Les Blanc et consorts doivent désormais bien se tenir, sinon le chef les sanctionnera : paroles du chef, Monsieur le Président N. S.
D’ailleurs certains d’entre eux seront touchés par le prochain remaniement ministériel sui aura lieu en octobre prochain.
Dans le cas contraire le citoyen, lui même pourra descendre dans le rue, pour crier avec colère et violence sa souffrance. Mais, là il risque d'être trop tard, parce que les dégâts pourront être terribles.
Bonne visite et à très bientôt.
Michel Okemba-Ongouya
Juriste/Economiste et informaticien de formation
Administrateur du site
Gérant/Associé et Consultant du Cabinet Etika consulting.
Notes : http://jefka.centerblog.net/6492023-Quelles-sont-les-causes-de-la-Revolution-francaise-